Trois voix majeures de la littérature contemporaine – Elin Anna Labba, Tash Aw et Annie Ernaux – explorent ce que l’écriture peut saisir du réel : mémoire, déterminismes et trajectoires individuelles.
Photo Voyez-Vous (A. Di Paolo)
Journaliste et éditrice, lauréate de la bourse annuelle de l’Académie suédoise et actuellement résidente à l’Institut suédois, Elin Anna Labba s’est imposée comme une figure essentielle de la littérature sámi. Son livre Herrarna satte oss hit (2020), couronné du prix August et publié en français sous le titre Vies de Sámis : les déplacements forcés des éleveurs de rennes (CNRS Éditions, 2022, trad. Françoise Sule), documente les politiques de déplacements forcés imposées aux populations sámi par l’État suédois. Dans Far inte till havet (2024), paru en français en 2026 sous le titre Je suis la mer (Éditions Rivages, trad. Françoise Sule), elle s’attache aux villages sámi engloutis lors de la construction de barrages hydroélectriques, à travers le récit intime de trois femmes – une mère, sa fille et sa sœur – privées de leurs terres et de leurs habitations traditionnelles.
Né à Taïpei de parents malaisiens d’origine chinoise, vivant aujourd’hui entre la France et l’Angleterre, Tash Aw explore dans son œuvre les questions d’aliénation, d’exil et de transmission dans des sociétés marquées par les héritages coloniaux et les fractures contemporaines. Auteur notamment de Nous, les survivants (Fayard, 2021), Étrangers sur la grève (Fayard, 2023) et Le Sud (Flammarion, 2026), il tisse des récits où l’intime et le politique se répondent.
L’œuvre d’Annie Ernaux a profondément renouvelé notre manière de penser les liens entre expérience personnelle, mémoire collective et histoire sociale. Elle est la première autrice française à se voir décerner le prix Nobel de littérature (2022), « pour le courage et la précision clinique avec lesquels elle dévoile les racines, l’étrangeté et les limitations collectives de la mémoire personnelle ». Elle a publié de nombreux ouvrages, tous marqués par une dimension autobiographique, à l’instar de La Place (Gallimard, 1983), La Honte (Gallimard, 1997), ou Les Années (Gallimard, 2008). Son intérêt pour le travail d’Elin Anna Labba pourra nourrir une conversation féconde autour de l’héritage et de la transmission, notamment entre générations de femmes.
La discussion sera animée par Frédérique Roussel, responsable des pages livres du quotidien Libération.
En collaboration avec les éditions Flammarion et les éditions Rivages.
Informations pratiques
La rencontre se déroulera en français.
Entrée libre sans réservation, dans la limite des places disponibles.